Vous quittez votre logement et vous devez prévenir votre propriétaire par écrit. La lettre de préavis est le document qui déclenche officiellement votre départ. Sans elle, aucun délai ne court, et vous restez redevable du loyer. Voici un modèle de lettre de résiliation de bail prêt à envoyer, avec les points juridiques à ne pas négliger.
Préavis de résiliation de bail : ce que la date de réception change concrètement
La plupart des guides se concentrent sur le contenu de la lettre. Le point qui pose le plus de problèmes en pratique, c’est la date. Plus précisément : le préavis court à partir du jour où le bailleur reçoit le courrier, pas du jour où vous l’envoyez.
Si vous postez votre lettre recommandée un lundi et que le propriétaire la retire au bureau de poste le vendredi suivant, c’est ce vendredi qui compte. Conséquence directe : prévoyez une marge d’au moins une semaine pour les délais postaux.
Autre piège fréquent : si le bailleur ne retire pas le recommandé, la date de première présentation par le facteur fait foi. Conservez précieusement l’accusé de réception, c’est votre seule preuve en cas de litige.
Modèle de lettre de préavis prêt à envoyer en recommandé
Voici une version que vous pouvez copier et adapter. Chaque mention entre crochets est à remplacer par vos informations personnelles.
[Nom et prénom du locataire]
[Adresse du logement loué]
[Code postal – Ville]
[Nom du propriétaire ou de la gestion locative]
[Adresse du bailleur]
[Code postal – Ville]
[Ville], le [date]
Objet : congé du logement situé au [adresse complète] – Préavis de [1 ou 3] mois
Madame, Monsieur,
Locataire du logement situé au [adresse complète du bien] en vertu du contrat de location signé le [date de signature du bail], je vous notifie par la présente ma décision de résilier ce bail, conformément aux dispositions de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989.
Mon congé prendra effet à l’issue du délai de préavis de [3 mois / 1 mois – motif], soit le [date estimée de fin de préavis] sous réserve de la date de réception de ce courrier.
[Si préavis réduit à 1 mois : Je bénéficie d’un préavis réduit au titre de (motif : zone tendue / mutation professionnelle / perte d’emploi / état de santé / logement meublé / bail HLM). Vous trouverez ci-joint le justificatif correspondant.]
Je me tiens à votre disposition pour fixer un rendez-vous en vue de l’état des lieux de sortie.
Veuillez agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées.
[Signature]

Préavis réduit à 1 mois : les cas précis qui l’autorisent
Le délai standard pour un logement vide est de trois mois. Un mois suffit dans des situations bien définies par la loi. Vous avez remarqué que votre commune figure sur la liste des zones tendues ? C’est l’un des motifs les plus courants, et la liste s’élargit régulièrement. Depuis août 2024, plusieurs communes de La Réunion ont été ajoutées aux zones tendues, ouvrant droit au préavis court pour leurs locataires.
Voici les situations qui permettent un préavis d’un mois :
- Le logement se situe en zone tendue (liste fixée par décret, vérifiable sur le site du service public)
- Vous avez subi une mutation professionnelle, une perte d’emploi ou un premier emploi
- Votre état de santé justifie un départ rapide (justificatif médical requis)
- Vous êtes locataire d’un logement meublé : le préavis d’un mois s’applique de droit, sans condition
- Vous occupez un logement HLM : le préavis d’un mois est de plein droit, même hors zone tendue
- Vous bénéficiez du RSA ou de l’allocation adulte handicapé
Dans chaque cas, joignez un justificatif à votre courrier. Sans pièce, le bailleur peut contester le préavis réduit et exiger trois mois de loyer.
Loyer pendant le préavis : quitter les lieux ne suffit pas
Rendre les clés avant la fin du préavis ne dispense pas de payer le loyer. Le locataire reste redevable des loyers et charges sur toute la durée du préavis, même s’il a déjà déménagé. Ce principe a été confirmé par un arrêt de la Cour de cassation du 4 juin 2026.
La seule exception : un nouveau locataire prend le logement avant la fin de votre préavis, avec l’accord écrit du bailleur. Dans ce cas, votre obligation de paiement s’arrête à la date d’entrée du nouveau locataire.
Ce point mérite d’être anticipé. Si votre nouveau logement est disponible deux mois avant la fin de votre préavis de trois mois, vous paierez deux loyers en parallèle. C’est l’une des raisons pour lesquelles vérifier votre éligibilité au préavis d’un mois est la première chose à faire.
Lettre recommandée électronique : une alternative valide pour donner congé
Vous n’avez pas besoin de vous déplacer à La Poste. La lettre recommandée électronique (LRE) a la même valeur juridique que la version papier, conformément au règlement européen eIDAS.
Le fonctionnement est simple : vous rédigez votre courrier sur une plateforme agréée, vous le signez électroniquement, et le destinataire reçoit une notification. La preuve de dépôt et l’accusé de réception sont générés automatiquement. Le coût est généralement inférieur à celui d’un envoi papier.
Attention, le bailleur doit avoir accepté ce mode de réception, ou ne pas s’y être opposé. Si votre propriétaire refuse la LRE, elle est considérée comme non remise. Prévoyez un envoi papier en secours si vous avez le moindre doute.

Dernière vérification avant d’envoyer votre courrier : relisez l’adresse du bailleur sur votre contrat de bail. Une erreur d’adresse peut retarder la réception et décaler d’autant la fin de votre préavis, avec des semaines de loyer supplémentaires à la clé.

